Janvier, 6, 2018

Une nouvelle année… Calendaire, des jours qui peuvent servir de fixation au début de quelque chose de nouveau. Une nouvelle vision de la vie, une nouvelle manière de faire des photographies. Un point d’ancrage pour s’en servir comme repère, pour avancer vers d’autres chemins, se laisser surprendre, échapper à la médiocrité de l’époque que nous vivons. Lire, écrire. Plus que jamais. Photographier, plus que jamais. Témoigner. Montrer le monde tel que je le vois, dans la crudité de ses avantages et des ses inconvénients.

Des voeux, pour moi, ne peuvent que s’exprimer dans ce sens là. Je vous souhaite, je nous souhaite, de l’élévation, de la spiritualité, de l’amour et de la tolérance.


Janvier, 7, 2018

J’ai pris une orientation noir et blanc assez prononcée. Cela correspond à mon état d’esprit depuis plusieurs mois maintenant, non pas que mon « esprit » soit noir, plus pessimiste que d’habitude. C’est plutôt une correspondance esthétique avec l’idée que je me fais de mes photographies dans cette période. Peut être aussi de leur sérieux, je ne sais pas.

 

Janvier, 8, 2018

La pluie, le vent. Ce temps que j’aime. Le ciel gris, qui vire au blanc cassé ou l’inverse ; ce ciel qui peut descendre bas, trop bas, mais que j’aime et qui parfois se zèbre de lumière sonore, de ces orages que je crains mais qui me fascinent.

 

Janvier, 11, 2018

Et le mois de janvier qui court, emportant avec lui déjà tout un pan de l’année précédente à une vitesse que je trouve de plus en plus grande. Il arrive que je pense à toi, oui, encore et toujours. Comme un fantôme qui serait en moi. Ou plutôt non : tu fais partie de ma vie. Comme une évidence, comme une certitude. Une des ces choses que l’on ne remet plus en cause, qui s’imposent, qui sont devenues des lieux communs. Tu es là, et puis c’est tout.

Sans doute dans toutes mes photographies depuis toi, c’est bel et bien toi que je cherche, que je piste ; toi que je vois partout. Dans chaque visage, dans chaque geste. J’en ai pris mon parti. Je ne subis plus. Il y a quelque chose de doux dans cette vapeur de toi qui m’habite constamment. Cette absence de toi, c’est encore toi. Et comme je sais qu’à l’autre bout de ma pensée il y a forcement la tienne…. Parce que nous savons, et toi et moi, que rien n’a jamais pu nous séparer et que rien ne le fera jamais.

Qu’il suffit que l’on attende….

 

Janvier, 16, 2018

Le temps, mon temps, ne semble pas passer. J’ai l’impression de faire du surplace, de manquer d’air, de manquer de tout et surtout de toi, d’Afrique, d’espace ; de ne pas faire les photographies que je voudrais faire. Et les deux seuls moyens que j’ai trouvé pour moins subir, moins m’en prendre dans l’âme et l’esprit, c’est d’une part la lenteur et d’autre part me réfugier dans ton absence-présence, tes images, ta chaleur et ton corps.

 

Janvier, 31, 2018

Fin du premier mois de cette nouvelle année.  Les quelques résolutions que j’avais très vaguement prises sont pour le moment tenues, avec en bonus une pas vraiment prévue mais qui semble marcher : maigrir un peu. Quelques grammes m’ont déjà quittés. Et comme ce n’est pas un régime trop dur, ma foi, je vais continuer…. Je serai peut être plus souple  pour prendre certaines photographies, moins rouillé…. J’en accepte l’augure. Augure… un mot que j’aime bien, je ne sais si c’est pour sa sonorité, pour son sens ; ou pour les deux. J’ai toujours accordé une grande importance aux mots, à leurs sonorités, leurs sens évidemment, leurs richesses. Et j’ai toujours rêvé, de façon incessante, d’illustrer des mots en photographies. Justement : le mot photographie lui même. Je n’aime pas le mot photo, abrégé. Il abrège trop justement et plonge la photographie dans un espèce de cloaque de facilité, de médiocrité qui ne me convient pas du tout. J’ai toujours considéré la photographie comme un art, accessible à toutes et tous, mais un art. On ne fait pas des images n’importe comment « pour faire des images », fut ce t elles des clichés de vacances. Il est vrai que l’on vit dans un monde noyé d’images, constamment, du matin au soir ; sur des tas d’écrans, du plus grand au plus petit. Et on a l’impression que les photographies, c’est comme les pizzas : tout le monde sait les faire. Et bien non…..

 

 

 

 

B I O G R A P H I E

Olivier ONIC, né en 1966 à Nairobi, capitale du Kenya. Part à 20 ans à Paris. Commence des études de cinéma à l'Ecole Supérieure d'Etudes Cinématographiques, où il suit des cours d'histoire du cinéma, du documentaire, des cours techniques en optique et en son, ainsi que dans le domaine de l'image,en sort diplômé en montage.

Fréquentant les clubs de jazz de la rue des Lombards, à Paris il participe à l'ouverture d'un prestigieux restaurant africain et en devient le photographe officiel. Il rencontre alors toutes les personnes africaines en vue du moment. Il y organise également sa première exposition photographique, qui s'avère être un succès. Suivront ensuite une dizaine d'autres.

Photographe du détail, des textures de peau, de l'infime qui fait le tout il aime laisser imaginer au spectacteur des ses clichés tout le hors champ, l'extérieur de la photographie et le laisser vagabonder au gré de sa fantaisie.

Sa production photographique fait une large place à l'Afrique, que ce soit dans ses personnages, ses paysages, ses saveurs et ses parfums.

Photographier les gens, les scènes de rue, des attitudes et montrer pour témoigner est l'autre facette de sa pratique photographique : la photo de presse. Aller ou essayer d'aller où l'on ne va jamais. Il aime le voyage pour ce qu'il représente : le trajet lui même, qui devient alors l'occasion de rencontres, d'échanges et de découvertes.

Il est revenu dans le Midi de la France il y a quelques années (2013) pour un nouveau départ et partage son temps entre Paris et Marseille et va photographier là où on l'appelle. Il travaille en parallèle avec un CHRS (Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale) qui accueille les plus démunis d'entre nous.

Il a un projet de livre avec un éditeur suisse, participe à de nombreuses expositions. Son œuvre s'articule autour des oubliés de la vie, de ceux que l'on « ne voit jamais » et mène en parallèle des projets comme « La diaspora Noire en France et dans le Monde » ou « Gens des cités et des banlieues »

 

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